3

En arrivant dans le Valais et en voyant le mur presque verticale que je compte grimper dans deux jours, je me pose des questions. J’aurais peut-être du m’entraîner plus en juillet. Je me rassure en me disant que si je l’ai fait une fois, je sais le faire une deuxième fois. Et puis je me sens tout simplement chez moi, détendu, quand il y a des montagnes à grimper tout près ;-) .

Sierre-Zinal 2012 Moiry

On plante donc la tente avec vue sur les alpes suisses. Je profite de la piscine avec la smala…c’est le calme avant la tempête.Sierre-Zinal 2012

Mon homme et moi décidons de mettre le réveil à 3h30 pour être au départ trois quart d’heure avant. Comme je ne suis pas du matin je prépare tout la veille. Cela n’aura servi à rien, car j’oublie mon dossard à la tente… Bizarrement cela ne me stresse pas trop, peut-être parce que j’ai croisé mon homme qui a oublié ses lunettes. J’arrive tout juste avant le départ. J’ai juste assez de temps de longer le sasse pour enjamber la barrière à l’endroit souhaité. J’arrive à le faire avec une nonchalance qui me surprend moi-même et personne n’ose me faire remarquer ma tricherie…Malheureusement je ne trouve pas mon homme avec qui on s’était donné rendez-vous le long de la barrière. Je lui envoie mes encouragements télépathiquement.

Le départ est donné. Malgré ma petitesse, j’arrive à m’imposer et garder ma place auprès des grands baraqués. J’arrive donc assez rapidement au petit chemin où il y a embouteillage, comme l’année passé. Mais je ressens tout de suite que je cours avec des gens plus rapide (car je me suis mis plus devant au départ). Pour la grosse montée, le rythme est donné et on monte l’un derrière l’autre pendant plus qu’une heure, avec le premier ravitaillement après 45 min.

 Sierre-Zinal 2012

(Vu sur les 5 montagnes de 4000 mètres, après le premier ravitaillement)

Comme cela m’arrive souvent, je me demande, après 1heure et demie si mes muscles vont tenir jusqu’à la fin. J’ai quand-même des doutes en sentant brûler les muscles surtout derrière les cuisses. Finalement en arrivant à Chandolin (ils disent que c’est la moitié de l’effort), j’arrive à me persuader que pour le reste de la course je n’aurais plus vraiment besoin des mêmes muscles. Surtout en descente, les muscles de devant les cuisses et autour des genoux seront sollicités. Je préfère jouer à amnésique, en ce qui concerne la montée à l’hôtel Weisshorn…

Et puis il y a la traversée très technique, qui arrive juste au moment quand on est déjà un peu sonnée par les endorphines, dopamines et compagnie. En voyant une coureuse par-terre avec des genoux éraflés et pleurant, je me ressaisis et me concentre à fond ou je mets les pieds. Je ne regarde pas les photographes, ni la vue et ni le vide à côté de moi. Et ça marche! je ne trébuche pas, il y a un coureur derrière moi que je tente de laisser passer mais il refuse en disant qu’il préfère suivre mes pas. Quel compliment pour une traileuse ;-)!

Quand je vois un panneau indiquant qu’il reste 6 km jusqu’à Zinal, je regarde ma montre et j’ai un espoir d’avoir le T-Shirt, que mon homme veut m’offrir si je fais 5h30. En même temps je pense à la descente d’enfer de la fin qui m’avait fait vraiment souffrir en 2011. Je me prépare mentalement, pendant que je suis un groupe de coureurs qui avance un peu plus lentement que ce que j’aurais pu encore donner. Mais vu le mini-chemin, largeur une personne, je ne peux pas dépasser. Quand la fameuse descente arrive je reconnais tout de suite, je m’imagine d’être une sorte de déesse volante, qui ne ressens pas la douleur…du genre Shiva la Traileuse quoi!

Je savoure l’entrée dans le village où il y a plein de gens qui encouragent les coureurs, qui applaudissent et mettent l’ambiance. Il reste deux minutes, pour avoir mon T-Shirt, je cours comme une dératée, jusqu’à ce que je vois mes petits loulous. Je les prends par la main, je vole avec eux, je suis complètement dans l’instant présent, je n’ai plus mal nulle part, je suis juste très heureuse de faire ce que je fais et d’être là ou je suis.

La médaille au cou, je reçoit les félicitations de mon homme et ma maman qui sont là aussi. Mon mec est déjà douché et changé…il faut dire qu’il avait le temps, il est arrivé 1 heure quart avant moi. Oui, oui en chaussures minimalistes on court (encore plus) vite. Pour lui c’est une première de faire une course en Merell Trail Glove. Pour mes New Balance Minimus l’heure de la fin a sonné, c’est avec un petit pincement nostalgique que je les enlève ;-)

 

Merci à mes parents qui ont rendu possible que mon chéri et moi nous fassions tout les deux Sierre-Zinal. Je ne vous expose pas les détails ici, mais si vous confiez vos enfants à quelqu’un qui doit les emmener en voiture en montagne, pensez à les avertir qu’ils risquent d’avoir des nausées…


3 commentaires sur “Sierre-Zinal, ma course”

  1. Ursula

    Après une longue absence de l’Internet et enfin rentrée d’un merveilleux voyage en Italie je viens de lire ton post …. Je suis fière de toi! Une fois de plus un grand bravo à toi Thesi et à toi Michou. Aussi un grand merci pour les compliments!

  2. Antoine

    Génial ce post :) Bravo pour la perf! Et punaise, ça donne méga envie de faire un jour cette course mythique, l’ancêtre du trail en quelque sorte (bien avant la mode et la naissance même du mot trail).


Trackbacks/Pingbacks

  1. Plic ploc: les Relais Givrés, Interview minimaliste, documentaire sur un marathonien etc. | Shiva la traileuse

Laisser un commentaire