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Les préludes d’un événement pas comme les autres

Cette histoire de l’Oxfam Trailwalker a déjà commencé il y a des mois. Non, pas l’entraînement, au début je me souciais pas de ce détail (finalement non négligeable). Tout d’abord il fallait trouver des fonds, c’est à dire faire la main creuse pour avoir du moneymoney. Ce n’est pas une partie de plaisir, mais c’est des peanuts par rapport à ce que j’allais vivre pendant la course, mais ça je ne le savait pas à ce moment…heureusement.

 

Les premières difficultés de récolte de fond, 1500€ au minimum pour pouvoir participer, ont été franchi deux mois auparavant. Ainsi notre équipe a déjà pu prouver qu’elle vaut quelque chose en terme de travail d’équipe et de solidarité.  Les difficultés d’organisation, étant donné que nous avons des enfants, que c’est loin de  chez nous et que le départ est à 7h, ont été résolu aussi. Reste à parcourir un petit 100 km à nous quatre.

 

Des pré-sentiment à Eupen…

5 mois plus tard c’est avec un mélange d’inquiétude et de réjouissance du moment que je me trouve au départ de l’Oxfam Trailwalker avec mes trois coéquipiers. Comme d’hab je me dis t’aurais du t’entraîner plus ma fille, tu vas devoir le faire avec la volonté de ta tête. Mon pré-sentiment va s’avérer juste, je ne finirai pas ces 100 bornes sans ma volonté de mule (quoique une mule ne ferais jamais une chose pareil, s’amuser à traverser des bois à 4h du mat quand il pleut…)
Oxfam Trailwalker 2012

L’équipement

- Chaussures de Trail minimaliste: Vivobarefoot Neo Trail pour 60 km (pour lesquelles il y aura prochainement un billet)

-Chaussures de marche classiques, hautes de Meindl pour 40 km

-Camelback de Raidlight avec 1, 5 l d’eau (équipement obligatoire)

- Bâtons de marche Quechua

-Dans le Camelback comme équipement obligatoire: couverture de survie, lampe frontale, gilet fluo, gels/barres énergétiques, GSM, carte d’identité, piles de rechange

-Une fois pour notre équipe: crème anti-frottement pour les pieds, crème refroidissante

-Veste de pluie North Face

-Polaire Quechua

-Pantalon de trekking North Face

-Pantacourt Saucony

-Chaussettes Falke fines de course à pieds et une autre paire de trekking un peu plus épais

-T-Shirt manches courtes Nike

-Manchos de Pearl Izumi

Notre team de supporteurs sur place que nous avons eu en dernière minute est dans le public et nous applaudit quand le coup du départ est donné. L’ambiance est au rendez-vous, le temps pas trop mais ce n’est pas grave, on prendra ce qui viendra, on avisera au moment. Même si nous avons préparé la chose, un moment il faut faire ce qu’on a à faire et pas trop penser, rester dans l’instant présent… marcher quoi.

En même temps j’entends en moi une petite voix qui me dit que je vais souffrir et que d’être entraînée en course à pieds ne suffit pas pour marcher un 100 km. Je n’arrive pas à la faire taire, elle m’embête un bon moment au début. Pendant les premières heures, j’ai envie de m’arrêter, souvent, un peu ou pour abandonner. C’est quand-même bizarre comment mes neurones travaillent, j’y comprend rien. A croire que ma motivation de vouloir arriver au bout augmente avec les kilomètres. Donc 0 km égal 0 motivation.

Oxfam Trailwalker 2012

Et puis je fais passer le temps en papotant avec Caroline ma coéquipière, il n’y a pas toujours moyen de marcher l’une à côté de l’autre, mais on se suit et on se retrouve après un chouette chemin de forêt le long d’un ruisseau. On s’arrête rapidement au deuxième ravitaillement. On a déjà passé le premier CP, mais ça allait tellement vite, que je l’ai à peine mémorisé. C’était plus du genre ravitaillement d’un marathon que CP d’une ultra-marche. Cela fait déjà un bon moment qu’on marche rapidement, pour changer le rythme et utiliser d’autres muscles nous faisons deux, trois étapes courtes en courant. Après le troisième CP (avec pâtes, fruits, viandes, salades, jus etc.) j’ai compris le sens profond de la définition d’un ultra par Sunny Blende: « It is an eating and drinking contest, with a little exercise and scenery thrown in. » D’accord la plus part du temps on ne court pas et donc on utilise moins de calories. Mais sur 24h de marche on perd quand-même au tour de 5000 calories, soit plus qu’un kilo de Nutella ou 90 pommes.

Au CP de Mützenich notre crew nous attend. Ils nous ont préparé des chaises pour s’affaler dedans. Ils ont mis nos affaires juste à côté, histoire de ne pas faire un pas de trop. Ils vont nous remplir nos camelbacks, nous aider à trouver le petit coin etc. Même s’ils n’ont jamais participer à un événement pareil, ils sont dans leur élément, ils font ça comme des pros, au moins comme si c’était leur 10e OTW!

The Crew:

Supporters Oxfam Trailwalker 2012

Une petite parenthèse de traileuse minimaliste: avant cette marche j’ai longuement réfléchi quelle chaussures j’allais prendre. Au début j’ai été parti pour mes chaussures de trail minimalistes, les Minimus de New Balance. Et puis j’ai fait une marche avec des pieds trempés. Cela m’a refroidi. Je n’avais pas envie de revivre ça, donc je me suis mise à la recherche de chaussures de trail ou de marche légères, minimalistes qui sont imperméables. Je les ai trouvées avec les Vivobarefoot Neo Trail. Disons qu’ils sont résistantes à l’eau, me vont comme un gant. La seule chose que j’appréhendais c’était les douleurs aux plantes des pieds. Cela a commencé autour de 50 km. C’est pour cela que j’ai changé de chaussures, pour reposer les pieds et utiliser d’autres muscles. Cependant je ne suis pas sûre que cela m’a aidé à avoir moins mal aux plantes de pieds.

Oxfam Trailwalker 2012

Je me dis jusqu’ici tout va bien, je regarde le prochain objectif: le CP de Botrange à 48 km. On me dit que c’est là que la vrai marche commence. En arrivant à Botrange, je comprends pourquoi. D’une part il y pas mal de personnes et d’équipes qui abandonnent ici, d’autre part je commence à avoir légèrement mal au pieds. Disons assez pour devoir me concentrer de pas grimacer en marchant pour ne pas faire peur à mes coéquipiers. Je ne manque pas de me faire masser dans la tente de massage. Je me couche sur une table de massage douce, une gentille kiné me masse mes pieds avec des doigts de fée… Après ça je suis presque présentable. Je me concentre sur mon prochain objectif (prochain CP au fin fond des Hautes-Fagnes au

km 57). Jusqu’ici tout va (presque) bien. Sur ces prochains kilomètres je commence à élaborer une stratégie de guerre que j’arrive à intégrer complètement comme si j’y croyais vraiment.

Sortir de la zone de confort

Zut et zut,  comment faire pour finir les 43 km? Je commence à avoir vachement mal au pieds. Je m’accroche à des phrases que mon coéquipier Frank me transmet « tu verra à partir de 75/80 km ça devient plus facile » ou « si tu fais les prochains 10 km jusqu’au prochain CP c’est gagné pour le reste ». Je me les répètes ces phrases, comme un mantra, jusqu’à ce que j’ai la tête tellement vide que je ne sais même plus répondre à des questions toute simple. Je devient silencieuse, je me concentre sur mes jambes, qui ne veulent plus avancer. Je repense à ma stratégie de course qui me dicte de juste penser au prochain Checkpoint, comme si le monde s’arrêtait au prochain Checkpoint. Il n’y a rien après, il ne faut surtout jamais penser à ce que je prendrai comme décision une fois arrivé au CP, surtout ne pas penser au km qui restent après ce CP et surtout ne jamais, jamais penser que ça durera encore des heures. Voilà ma stratégie que j’applique péniblement. Je crois que tout mes coéquipiers l’appliquent aussi, on parle que du prochain CP et du présent. Les 50 premiers km la question préféré c’était: « t’as mal quelque part? ». La question des deuxièmes 50 km est légèrement différente, c’est « t’as mal où? ». Pour les réponses à ce genre de question les autres trois sont soit assez à l’aise et n’ont pas vraiment mal ou ils font du understatement comme moi. J’ai beaucoup de temps à méditer sur ce sujet. Pour quelqu’un d’extérieur ces préoccupations ont sans doute l’air ridicule. C’est vrai j’aimerais vous dire que j’ai récité une partie du « songe d’été » de Shakespeare ou que j’ai fait une analyse de texte des Fleurs du Mal dans les Hautes-Fagnes. Mais non, plus le corps se fatigue et le cerveau dévie, moins on peut se préoccuper de pensées nobles. Les vrais questions qui ont du sens et prennent toute la place, sont ceux qui peuvent changer le cours de l’histoire qu’on est en train d’écrire. Par exemple « dois-je changer de chaussettes au prochain CP? » Ne riez pas, c’est très sérieux, car si on change de chaussettes qui sait que les autres ne vont pas faire de cloches qui vont rajouter à la douleur. Mais si on garde les mêmes chaussettes qui sont humide, cela peux provoquer autant de douleur. Alors comment faire?S-50km Oxfam Trailwalker

Notre équipe s’accorde parfaitement bien. Il y en a le plus souvent trois qui se taisent et un qui fait le guignol, pour oublier la douleur ou parce qu’il ne voit plus très net après 15 heures de marche. Celui qui fait le one-man-show explique (avec une certaine retenue) ses différents points de douleur et fini par une blague pour faire oublier tout ça. Frank raconte qu’il était un peu gêné quand il s’était fait soigner sa cloche. Il a vu une femme avec des cloches en dessous de chaque orteil (pour faire plus gore, imbibés d’iso-bétadine orange). Quand c’était à son tour le médecin a demandé où était sa cloche… Frank enchaîne et remarque que ce serai quand-même ridicule de faire demi-tour maintenant étant donné qu’on a déjà fait 70 km. Je m’écroule de rire. Il vaut mieux rire, car si je commence à pleurer je n’arrêterai plus jusqu’à la déshydratation sévère.

Nous arrivons à Gileppe au km 78 à 2h40. C’est l’illumination, surtout grâce à nos Petzl, ou grâce à nos supporteur que nous sommes tellement heureux de voir. Nous nous traînons à une table avec nos dernières forces, nous écoutons Olivier, Christelle et Maud qui font tout pour nous remonter le moral. Ils disent qu’on a fait le plus gros, que nous sommes incroyable et que nous allons y arriver. Je vois dans les yeux d’Olivier et Maud qu’ils ont des hésitations en ce qui concerne mes pieds. Ils ne prononcent pas la questions qu’ils leur brûlent sur la langue, avec le mot abandon dedans (mot absolument tabou d’ailleurs). Mais Christelle croit en moi, peut-être parce qu’elle sais que mes failles musculaires je les rattrape avec ma force mentale ou peut-être elle sait que quand on a accouché deux fois on a une certaine résistance à la douleur et une capacité à donner un sens à la douleur physique.

Oxfam Trailwalker 2012

Mon cher et tendre me fait des soucis, il est blanc comme un drap et ne dit plus rien. Le fait qu’il ne dise rien n’a rien d’inquiétant chez lui, mais qu’il ne réponde plus à la question si ça va, je sais que ça veut dire que ça ne va pas. Il a des crampes aux ventre, il ne mange plus depuis 4h. Je vois qu’il n’est pas rassuré et que son mental commence à lui jouer des tours. Je lui dis que finalement c’est normal que sa digestion fonctionne au ralenti au milieu de la nuit. Que j’ai des gels et des barres avec moi et qu’il mangera quand son corps lui dit qu’il a faim. Je ne sais pas comment on a décollé de Gileppe mais on est toujours au complet. C’est peut-être grâce à Olivier qui fait le « pacer » jusqu’au prochain CP.

Le déluge

Ils vont pas nous faire ça, je commence à avoir ral-la-patate…il pleut des cordes à 4h du mat. Je commence sérieusement à me poser des questions sur ma santé mentale. Comment on peux être aussi irresponsable de s’engager dans un projet si farfelu, ce n’est pas réaliste. Pourtant c’est la 5ème édition de l’OTW. Donc je conclus…oui oui mon cerveau arrive encore à penser logiquement par moments, je conclus qu’il doit avoir des survivants des autres années, qui ont prouvé que c’est possible. Et je me la joue Christopher Mc Dougall et me dit que mes jambes sont fait pour marcher et que dormir je pourrais quand je serai morte. J’avoue que je produis plutôt de l’humour noir dans des moment comme celui-ci.

Ah oui, il y a Olivier à côté de moi, que j’essaie d’écouter. Mais j’y arrive pas, je me concentre sur les moments quand il attend un « mmmh » ou un « oui, oui » de ma part. Pauvre Olivier, il doit s’ennuyer à un point à le dégoûter à jamais de la marche. Ça doit lui faire bizarre de voir des dizaines de personnes, muets (sauf quelques supporteurs qui font des monologues) qui marchent machinalement, sous la drache au fin fond de la Belgique et cela TOTALEMENT volontaire!

En arrivant à l’avant-dernier CP, je sais que nous allons tous les faire ces foutu 100 km. Je suis déjà toute contente, je vois le bout du tunnel. Je suis d’autant plus surprise quand Frank me demande si je veux abandonner. « Tu rigole, je ne vais pas m’arrêter à 86 km, les petits 14 km tu vas voir que je vais les faire même si c’est à 4 pattes… on y va les gars! » Quand on se décide enfin de continuer, il commence à pleuvoir encore plus fort, pour bien nous faire comprendre que 100 km ça se mérite. Mon seul souci est d’avancer pour ne plus avoir froid et pour me réchauffer. J’entends pester Michaël, mon chéri, qui en a marre est je le sens prêt à s’arrêter. Il me demande même ce qu’on va faire maintenant…heu, je ne vois pas ce qu’on peut faire d’autre que marcher, marcher et encore marcher.

Sur une marche de 100 km on doit s’attendre à l’inattendu. Il peut arriver tellement de choses qu’on ne peut pas prévoir. Et c’est ce qui arrive, Caroline ne vient pas. On l’attend pendant un bon moment, elle qui a eu depuis le début un bon rythme, je me demande ce qui lui arrive. Quand elle arrive avec Frank, ils nous expliquent que tout d’un coup il y son genou qui lâche. Elle avait une douleur tellement vive qu’elle ne savait plus marcher. Elle a pris un antidouleur, a attendu que ça agisse un peu. Elle a encore mal mais sait marcher. Donc on continue, je vois qu’elle a mal. Au dernier (!) CP elle va dans la tente de la Croix Rouge et se fait mettre un cold pack sur le genou. On se boit des cafés (ben oui, c’est le café du matin, il est déjà 9 h).

Oxfam Trailwalker 2012

Je suis tellement contente qu’on va arriver, j’en pleurerai, d’ailleurs quand j’y pense j’ai chaque fois les larmes qui me monte aux yeux…Et quand je pense à mes mes pieds j’en ai aussi des larmes, mais là c’est plutôt de douleur. Brusquement nous traversons des quartiers de maisons. Nous sommes là je reconnais de loin nos supporteurs, qui nous encouragent, qui prennent des photos. Il a de plus en plus de gens qui nous applaudissent. On entend de la musique. On est là, je reste là, debout, les autres prennent des photos. Cela me fait tout bizarre d’atterrir dans le monde du réel, de se mettre au bar de boire une bière de s’asseoir et d’écouter de la musique. Nous avons tous des petits yeux de fatigue qui pétillent de bonheur et de fierté.
Oxfam Trailwalker 2012

…nous avons parcouru les 100 km à quatre, entièrement et au complet en 27 heures! Nous sommes très heureux d’avoir réussi ce défi et d’avoir participé à cet événement inoubliable.

Nous remercions Oxfam d’avoir organisé cette Ultra-marche fou.

Nous remercions tous les très généreux donateurs sans qui nous n’aurions pas pu nous présenter au départ.

Nous remercions nos familles qui ont gardé nos loulous et nous ont encouragé.

Nous remercions nos supporteurs Daniel et Odette (merci pour les fruits frais :-)), Maud, Christelle et Olivier pour nous avoir coaché, massé, apporté du matériel, consolé, accompagné.

Pour avoir le détail de nos passages aux Ceckpoints vous pouvez consulter le lien suivant:

http://www.oxfamtrailwalker.be/fr/component/otwresults/?team=152

La page de l’équipe sur le site de Oxfam: http://www.b-all.be/ae

 


8 commentaires sur “Oxfam Trailwalker Belgium 2012”

  1. morgades

    Encore bravo à tous les quatre !!!

    une supportrice enthousiaste!!!

  2. morgades

    Ben non je ne suis pas dégoûté de la marche ;-)
    Olivier

  3. Christelle

    j’ai revu les photos avec plaisir et en tant que supportrice improvisée je garde un très bon souvenir de ce wk.Je suis bluffée par votre exploit même si je sais que l’esprit est capable de transcender le physique. Je ne sais pas si je serais capable d’une telle énergie. Ton texte est très bien écrit, très émouvant. c’est vrai qu’une expérience comme celle là permet de tester ses limites et d’accéder à une partie inconnue et très forte de notre cerveau.j’espère que tes pieds se sont bien remis de l’épreuve et que tu cours toujours comme une gazelle.

    bisous

  4. Rébecca

    Quel beau récit. Et puis çà fait du bien de savoir qu’on est pas seul à avoir véçu ces moments de doute mais que finalement le mental peut nous conduire dans des limites que l’on n’imagine pas
    Rébecca de l’équipe 164

  5. Lionel

    Chouette texte pour une expérience qui ne l’est pas moins! C’est agréable de voir que tout le monde a eu des moments de doute pendant cette marche! J’ai écrit un petit billet sur cette expérience avec mon équipe (068): http://www.blog.lbespace.be/post/30726349154/jai-marche-100-kilometres-pour-oxfam

    Lio

  6. Laure

    Bravo, bravo mais bravo quoi!
    Je lis ton récit et me revois lors de cette marche folle, à traverser ces mêmes moments de mutisme et de doute. Durant ces 100km, je me suis dit vivement que ce soit fini! Mais dès l’arrivée franchie, je ne demande qu’à recommencer :-)
    Peut-être à l’année prochaine!!!
    Laure de l’équipe 164

  7. Laurence

    Bonjour !
    Je me lance dans l’aventure cette année, en France, avec mon mari, une copine et une 4ème personne que je ne connais pas encore beaucoup ; je n’ai aucune condition physique (obésité) mais suis à fond, parce que de une, je suis tarée, de deux, j’ai envie de me prouver que je peux le faire, et la cause me tient suffisamment à coeur pour me motiver encore plus ! Je voulais vous remercier pour votre témoignage et récit qui me permet d’apprendre des trucs et astuces ! N’hésitez pas à aller liker notre page facebook, du soutien d’ancien trailwalkers sera le bienvenu ! Belle journée !


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