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Après une nuit très moyenne dans une chambre du centre sportif du parc d’Ohlain, je me réveille fatiguée avec un peu mal à la gorge. Je me rendormirais bien s’il y avait pas ce sentiment que j’ai oublié quelque chose d’important. « Bon anniversaire ma chérie » me dit mon mec, qui lui, a l’air d’être tout à fait dans son assiette. C’est bien d’avoir des gens autour de soi qui savent ce qu’il faut faire et quel jour on est. Ce n’est pas toujours évident pour quelqu’un comme moi qui n’est pas du matin…Trail des Poilus - Le mur

Après le café et le pain blanc avec confiote, je suis déjà presque motivée. Au moment où je zipe mon camelback, j’ai envie d’essayer comment ce sera en tant que chameau sur le trail des chti’s. Je me réjouis comme un enfant, de pouvoir mimer la traileuse avec un camelback, trop cool. C’est seulement deux jours avant que nous avons compris qu’il y a toute une liste de choses à prendre obligatoirement pour le Trail des Poilus. Il fallait: 1 litre de flotte, à manger (si jamais on se perd et on ne voit personne pendant trois jours!), une couverture de survie (pour si la tempête de neige nous surprend), un sifflet (pour éloigner les ours et les loups), la carte d’identité (pour si jamais j’ai une amnésie soudaine?) et le gsm avec le numéro de sécurité des organisateur (pour commander le spaghetti après trail pendant que je cours je suppose).

Heureusement il y a facebook et heureusement il y a Tito qui a lu Facebook, qui a un camelback et qui me l’a prêté…MERCI! Je trouve que c’est super important de tester d’abord un sac à dos avec poche d’eau avant d’en acheter un. De pouvoir faire un trail de 3h40 c’est ce qui a de mieux pour savoir sur quoi il faut regarder quand on veut en acheter.

Le début

J’ai commencé tranquille, je ne me suis pas laissé impressionné par la foule qui me dépasse. J’ai décidé de courir ce trail pour le plaisir et surtout, surtout ne pas me laisser tenter par les autres et trop me fatiguer dés le début. Je cours avec mon mec pendant presqu’une heure, on papote, le temps passe vite.

Trail des Poilus - La fouleLe milieu

Je dis au revoir à mon chéri et je trouve mon rythme. Il y a des beaux paysages, des champs, des forêts, des petits chemins sympas. Tout est mou, d’abord c’est juste bien et puis ça se complique de plus en plus. On court dans les tranchées, ah oui j’ai découvert que les poilus n’ont rien avoir avec des être poilus mi-homme mi-singe mais qu’on appelait les soldats de la 1e guerre mondiale ainsi…manque de culture générale comblé, excuse trouvée (je suis quand-même suisse ET pas francophone à la base…). Donc revenons à l’histoire de la boue. J’ai voulu courir à travers la boue bien boueuse et j’y ai failli laissé ma jolie chaussure minimaliste. Je ne serre vraiment pas beaucoup mes Minimus, sinon je me sens à l’étroit, mais là j’aurais quand-même du les serrer un peu plus…

Au seul ravitaillement sur les 24 kilomètres  il y a tout: des boissons, de la bouffe à en plus finir et des poilus, heu non des hommes au kilt jouant la cornemuse. Très, très sympa comme ravitaillement! Et qu’est ce qu’il fait beau et chaud.Trail des Poilus - La femme et le mari!

La fin

Après 2 heures de course je commence à dépasser d’autres coureurs et je n’arrête plus jusqu’à la fin. Je retrouve beaucoup de coureurs avec qui j’ai commencé et qui ont filé comme des pros. Après deux heures ils étaient fini, moi je commençais à me sentir bien. Je suis peut-être lente mais plus ça dure plus je m’accroche et plus je veux finir en beauté. On est une poignée de femmes qui n’arrête pas de dépasser des hommes. Un moment, il y a un mec qui supporte mal d’être dépassé par plusieurs exemplaires du sexe faible. Il nous lance « c’est quand-même plus facile pour les femmes de courir, elles sont plus légères ». Ma voisine de course lui répond « …ou c’est l’entraînement?! » Je me serais écroulé de rire si j’avais eu plus de souffle!

Comme d’habitude, je donne ce que j’ai à donner à la fin, parce qu’ arriver avec des réserves c’est du gaspillage. Au kilomètre 21 j’accélère. Et puis arrive le kilomètre 24…et l’arrivée n’est pas là! On est au fin fond de la jungle chti’sien et il y a rien que de la boue et des tranchées. Au moins je suis sûre de pas m’être perdu, ou alors les 40 devant et derrière moi sont perdu avec moi. Je ne suis pas la seule à me poser des questions, mais de toute façon il n’y a rien à faire que de courir et tant que je dépasse je garde le moral. Après 26 kilomètre, donc 2 kilomètres en plus, j’arrive enfin! Je suis finie, heureusement il y a mon chéri pour me dire ce que je dois faire… J’ai perdu la tête en chemin, j’oublie de boire et d’enlever la puce de mes chaussures. Les paris sont ouverts combien de temps je vais avoir besoin pour m’en remettre.

Incroyable, mais vrai je n’ai pas du faire pipi pendant le trail. Pour vous (les mecs) c’est peut-être un détail, mais pour moi ça veux dire beaucoup, de pas devoir me retenir pendant des kilomètres, faire des sprints pour atterrir dans les ronces derrière des talus, de chercher désespérément un endroit pas trop fréquenté par des Manneken Pis et quand-même pas trop loin du trajet. Un vrai casse tête pour une femme traileuse! Donc, le camelback ça a des avantages insoupçonnés car le corps assimile tout de suite quand on boit par petites quantités.

Malgré la mauvaise surprise de la fin, j’ai vraiment pris du plaisir à courir ce Trail des Poilus le jour de mon anniversaire!


3 commentaires sur “Le Trail des Poilus – De la boue, des poilus et une surprise”

  1. Cédric

    Tout y est: les Minimus aux pieds, la course parfaitement gérée et le paragraphe sur les machos frustrés! J’ai adoré!

    Cédric aka crapahut


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